Roni Ouvad, un bédouin âgé de 33 ans, rêvait depuis quelques années d’entrer dans un Kibboutz. Son rêve est devenu réalité, il y a quelques semaines, lorsque les membres du Kibboutz Ein HaShofet près de Meggido ont accepté sa candidature ainsi que celle de sa femme Katia à près de 90% des voix. 100 ans après la création du premier Kibboutz, Roni devient ainsi le premier arabe de l’histoire à devenir membre à part entière de ce qui est devenu l’un des symboles du sionisme par excellence.
Né dans un village Bédouin de la vallée d’Izréel, Roni a reçu une éducation traditionnelle. Malgré l’opposition ferme de ses parents, il décide de faire son service militaire dans Tsahal (non obligatoire pour les Arabes israéliens) et entre alors en contact avec le Kibboutz Ein HaShofet.
"Déjà très jeune, j’étais actif dans le Mouvement de Jeunesse Ouvrière et Etudiante et j’ai connu des jeunes de mon âge des Kibboutz de la vallée d’Izréel. Je me suis senti très proche d’eux. L’ouverture des membres des Kibboutz m’a tout de suite attiré et j’ai commencé à désirer vivre avec eux. Je ne suis pas un musulman pratiquant mais je célèbre les fêtes juives. Le soir de Pessah, je suis à table avec mes amis et nous fêtons la sortie d’Egypte. "
Selon la procédure du Kibboutz, après un an de travail au Kibboutz, Roni est accepté pour une période de probation. "Avec les années, j’ai senti que c’était ma maison. Je me sens très israélien" explique-t-il.
C’est au Kibboutz qu’il va rencontrer sa femme Katia, une immigrante des pays de l’ex-URSS venue là pour étudier l’hébreu. Ensemble, ils vont peu à peu s’insérer dans la vie du Kibboutz. Ils aujourd’hui deux garçons âgés de deux et quatre ans.
Roni garde de très bonnes relations avec sa famille bien qu’il ait abandonné le mode de vie de son village. Cela n’a pas été très facile pour ses parents d’accepter qu’il ne se marie pas avec une fille bédouine. "Tant que je vais bien, ma famille est heureuse pour moi" conclut le nouveau membre du Kibboutz.
Source : Yediot Aharonot, 17 nov 09