Lorsqu’en 2003, le Centre Américain d’Analyse de l’émission du Dioxyde de Carbone a classé 210 pays selon le nombre de tonnes métriques de dioxyde de carbone émis par habitant, Israël arrivait à la 29ème place. Le Qatar, les Emirats Arabes Unis, le Koweït étaient les trois premiers pays de la liste, considérés donc comme les plus pollués du monde. Les Etats-Unis, quant à eux arrivaient en 9ème place. Israël n’était donc pas si mal classifié. Cependant il était encore loin de certains pays européens comme l’Allemagne, la Grande-Bretagne, l’Espagne et la France.
Et pourtant. Difficile à croire mais malgré les embouteillages quotidiens en Israël, le pays détient un taux de propriétaires de véhicules relativement faible comparé aux autres pays développés. Sur 1000 israéliens, seulement 302 en moyenne disposent d’une voiture privée. Le chiffre est nettement plus bas que les Etats-Unis par exemple : sur 1000 habitants, 787 personnes équipées d’une voiture.
En voiture ou en bus ?
Les israéliens cependant ont vu le nombre de véhicules augmenter au fil des années : en 1960, il y en avait 70 000 dans tous le pays, dont 24 000 véhicules privés. En 1990, le chiffre est passé à un million dont 800 000 véhicules privés. Aujourd’hui, il y a plus de 2,1 millions dont 1,6 millions soit plus de la moitié sont privés. Heureuse croissance du marché de l’automobile correspondant à l’augmentation de la population et révélant une économie en bonne santé. Cependant, malgré la croissance démographique le nombre de bus a à peine augmenté depuis le début des années 80. Le transport collectif est pourtant une des solutions les plus simples à l’amélioration de la qualité de l’air.
Protégez les espaces publics
Protégez les espaces publics constitue la préoccupation principale des activistes pour l’environnement. A l’heure d’aujourd’hui, seulement les réserves naturelles, les parcs nationaux et les forêts sont protégés par une législation. Tous les autres espaces ouverts du pays (y compris les zones agriculturales et les champs en friche) sont ou bien sans protection ou bien sous une protection minimale, ce qui signifie qu’ils sont soumis à une constante menace de développement. Il ya aussi un problème de déresponsabilisation dans les lieux publics, les déchets sont trop souvent laissés à même le sol, quelquefois à quelques mètres des poubelles. Le Ministère de la Protection de l’Environnement fait face à une véritable éducation des mentalités dans ce domaine.
Trier pour recycler, tout simplement
Pour réduire le taux de déchets envoyés dans les décharges, le Ministère de la Protection de l’Environnement se concentre désormais sur des alternatives pour solutionner le problème à sa source, notamment avec la réutilisation, le recyclage, le compostage, la fermentation anaérobique, un programme de tri sélectif et de nouvelles stations d’épurations. A chacun d’y mettre un peu de bonne volonté, à commencer par le tri dans sa propre cuisine ! Le programme de tri sélectif n’est pas encore développé dans toutes les villes d’Israël, Jérusalem par exemple est encore à la vieille école dans ce domaine. Reste que les Israéliens ont fait des progrès importants : en 2008, 21% des déchets étaient recyclés contre seulement 3% au début des années 90. Quelques efforts sont encore nécessaires pour arriver au taux de recyclage des pays européens.
De l’air pur !
Parmi les trois grandes villes du pays, c’est Tel Aviv qui offre la meilleure qualité d’air, Jérusalem arrivant en dernière place derrière Haïfa… Les chiffres du Réseau National de la Surveillance de la Qualité de l’Air (branche du Ministère de la Protection de l’Environnement) révèlent que sur un an, il y aurait eu dans la zone de Tel Aviv l’équivalent de 14 jours de pollution excessive (c’est-à-dire nocive) d’oxydes d’azote, contre 61 jours à Jérusalem et 46 à Haïfa. Espérons que le futur tramway de la Ville Sainte y rendra l’air un peu plus pur…