Les problèmes de la pollution sous toutes ses formes hantent le monde moderne. Des écologistes se lèvent un peu partout, lançant des mini projets pour enrayer ce phénomène planétaire. Durant cette semaine de Souccot où, à Jérusalem, des petites cabanes apparaissent à côté des maisons, dans les rues, dans les cours, dans les jardins, sur les balcons et sur les toits, certains écologistes israéliens se réjouissent : vivre pendant sept jours « en pleine nature, au vert, » n’est-ce pas l’un des sens de cette fête ? (même si cette nature n’échappe pas au confort moderne : électricité, charpente métallique etc). « Celui qui a donné à son peuple l’ordre de fêter une fois par an Souccot, ne pensait-Il pas justement à la nécessité de rétablir, pendant ces sept jours, ce lien étroit et vital entre l’homme et la nature environnante ? L’occasion de lui rappeler sa responsabilité vis-à-vis du monde naturel, végétal et animal, son lieu de vie. »
D’autres écologistes israéliens pensent plus loin et plus long : Créer une « ville verte » où la population vivrait dans un environnement entièrement écologique. Le Conseil Régional de Guilboa, en Galilée, prépare depuis dix ans le projet d’une telle ville sur le Mont Guilboa : Nourit. La présidente du Conseil, Danny Atar, est claire : « Les habitants de cette nouvelle ville devront accepter une discipline de vie très particulière, limitant au maximum la pollution, économisant l’eau, et créant même des sources d’énergie. Si tu refuses ces conditions de vie, Nourit n’est pas pour toi ! »
Les premières maisons seront disponibles cette année. Déjà l’infrastructure est en place. En 2009 il y aura 100 maisons ; en 2012, 400 familles y logeront.
Vivre à Nourit
Tout d’abord, étant sur le mont Guilboa, la ville profitera du vent et du soleil, ce qui permettra d’installer sur les toits des turbines et des panneaux solaires photovoltaïques (PV). Le but est de produire ainsi assez d’électricité pour les maisons privées, les écoles, les bureaux, tout l’éclairage de la ville. La Compagnie d’Electricité Israélienne approuve ce projet, étant même prête à racheter l’électricité que la ville fabriquera en surplus. Ce sera une économie pour les particuliers, pour la municipalité, et même une source de profit. Le Conseil offrira des crédits à ceux qui construiront des panneaux solaires PV sur leurs toits.
Les arbres
Les futurs habitants devront également planter des arbres à feuilles autour de chez eux. Cette « voûte rafraîchissante naturelle » réduira la nécessité de chauffage ou d’air conditionné, diminuant ainsi la pollution et économisant l’électricité. Chaque maison devra être conçue en fonction d’une isolation maximale au froid et au chaud.
L’eau
D’après Atar, « Israël reçoit suffisamment de pluie dans l’année, mais beaucoup de cette eau disparaît, s’évapore ou s’écoule dans la mer. Chaque résident devra donc construire un réservoir pour conserver l’eau tombant pendant la saison des pluies. Ce réservoir privé sera ensuite versé dans le réservoir de la ville. Nous aurons moins besoin d’utiliser l’eau de Mekorot (Société Générale des Eaux). »
Mais il ne suffit pas de garder l’eau de pluie, il faut encore créer un système pour récolter « l’eau grise », l’eau utilisée pour la vaisselle, les bains, toute l’eau usée. Pour cela, installer un système de drainage séparé, relié à un tank dont l’eau servira à l’arrosage des jardins, aux fontaines décoratives, au lavage des voitures etc. « A Nourit, personne n’arrosera son gazon avec de l’eau claire. »
Moyens de transport
Supprimer les voitures, ce n’est pas possible actuellement, car il n’y a pas encore de ligne de Chemin de fer dans cette région. Mais la ville mettra en place un réseau d’autobus, évitant ainsi l’utilisation des voitures privées. D’autre part il est très probable que la majorité des habitants travailleront sur place, dans le privé ou le public, le tourisme, la restauration ou dans l’une des zones industrielles de la région. Certains pourront même aménager leur lieu de travail, atelier, bureau, à l’arrière de leur maison.
Le tourisme y sera également développé ; à quelques minutes de là, l’hippodrome d’Afoula sera un atout supplémentaire.
Il y a actuellement 700 familles qui ont posé leur candidature pour acheter un terrain et construire. Un terrain ayant déjà l’infrastructure, l’installation de drainage des eaux usées et un réservoir pour eaux de pluie coûte 120 000 à 150 000 dollars, moins cher qu’ailleurs. Les candidats viennent principalement de Tel Aviv, Jérusalem, Haïfa. Quelques uns, des kibboutz.
Et ce sera là l’un des succès supplémentaire de cette ville écologique : Peupler la Basse Galilée. Et Atar d’ajouter : « C’est un pays magnifique et grâce à Nourit, des centaines de familles vont découvrir combien il est bon d’y vivre ! »
Source : Israel 21C