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Itzhak Shamir

mercredi 31 mai 2006, par Eliane Ketterer


Itzhak Shamir (Jazarnitsky), né en 1915, ancien Premier Ministre, président de la 9ème Knesset, et chef du mouvement clandestin "Lehi" ("Combattants pour la libération d’Israël) à l’époque du mandat britannique.

Itzhak Jazarnitsky, par la suite Shamir, naquit en 1915 en Pologne de parents sionistes et religieux. A l’âge de 14 ans, il s’engagea dans le mouvement "Bétar". Il termina ses études secondaires au lycée hébreu de Bialistok. Il commença ensuite d’étudier le droit à l’Université de Varsovie.

En 1935, Itzhak Shamir arrêta ses études universitaires et immigra en Israël. A son arrivée, il commença des études de lettres à l’Université Hébraïque de Jérusalem, mais, peu de temps après, il se consacra aux activités du mouvement clandestin "Etsel" ("Organisation militaire nationale"). En 1940, à la suite de l’arrêt des actions de "Etsel" contre l’armée britannique, il quitta le mouvement et participa à la création d’un nouveau mouvement clandestin, le "Lehi" ("Combattants pour la libération d’Israël), sous la direction de Abraham Yaïr Stern. Il prit pour surnom clandestin "Michaël" sous l’inspiration de Michaël Colins, membre du mouvement clandestin irlandais.

En 1941, Shamir fut arrêté par les Britanniques et fut emprisonné dans le camp de détention "Mizra" à Acre. Deux années plus tard, il s’enfuit et devint commandant du "Lehi", après que Stern eût été mis à mort par les Britanniques. En tant que commandant de l’organisation, Shamir ordonna à ses gens d’attenter à la vie de du représentant britannique en chef, Herald Mac ; l’attentat échoua. Il ordonna aussi d’attenter à la vie de Lord Moyne, le représentant en chef des Britanniques au Moyen Orient ; l’attentat réussit, mais ceux qui y participèrent furent pris et exécutés.

En 1946, il fut arrêté une seconde fois et exilé en Erythrée, d’où il s’enfuit au bout de trois mois et arriva dans le territoire français de Djibouti, où il reçut l’asile politique. Shamir revint en Israël quelques jours après la création de l’Etat d’Israël en mai 1948, et fut semble-t-il, mêlé d’une manière ou d’une autre à l’assassinat à Jérusalem du comte Folke Bernadotte. Avec la dissolution du mouvement clandestin, il entra dans le monde des affaires dans le domaine de la comptabilité.

En 1955, il fut enrôlé dans les services secrets ("Mossad") par Isar Harel. Il fut au service de cette organisation pendant dix ans et parvint à l’échelon de chef de section. Pendant un certain temps, il fut envoyé en Europe, semble-t-il, pour y faire travailler des agents. A la fin de son service au "Mossad", il revint dans le monde des affaires et exerça, en parallèle, des activités destinées à faire immigrer en Israël les juifs venant d’Union Soviétique.

En 1970, il se joignit au mouvement "Hérout" sous la direction de Ménahem Bégin et fut nommé chef du département de l’immigration, puis chef du département de l’organisation. En 1973, il fut élu pour la première fois député du Likoud à la Knesset et fut membre de la commission des Affaires étrangères et de la Défense.

Après les élections à la Knesset en 1977, Shamir fut choisi comme président de la 9ème Knesset. Dans le cadre de sa fonction, il reçut le président de l’Egypte, Anouar el-Sadate, mais s’abstint de voter l’accord de paix avec l’Egypte.

En 1980, Shamir fut nommé ministre des Affaires étrangères à la suite de la démission de Moshé Dayan. A cette fonction, il s’employa au renforcement des relations avec les Etats africains, et au dégel des relations avec les Etats du bloc soviétique (Pologne, Hongrie, Roumanie, Union Soviétique).

En Août 1983, à la suite du retrait de Ménahem Bégin de la vie politique, Shamir fut élu Premier Ministre et secrétaire général du Likoud. La commission d’enquête "Cahan" qui fut mise en place à la suite du massacre de Sabra et Shatila, établit que, alors qu’il était ministre des Affaires étrangères, il n’avait pas pris la peine de vérifier l’information qui lui avait été transmise immédiatement après le massacre, et il fut blâmé pour avoir négligé les avertissements.

Après les élections à la 11ème Knesset en 1984, le Likoud et les Travaillistes mirent en place un gouvernement d’union nationale. Selon l’accord de rotation, Shamir fut ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre, Shimon Pérès fut Premier ministre, puis au bout de deux années, il le remplaça à la tête du gouvernement. Il s’engagea en faveur de l’immigration en Israël des juifs d’Union Soviétique et encouragea l’établissement d’implantations dans les territoires occupés. Sous son mandat comme Premier ministre, éclata la première Intifada (décembre 1987).

Après les élections à la 12ème Knesset en 1988, un second gouvernement d’union nationale fut mis en place sous la direction de Shamir, mais cette fois-ci, sans rotation. Au début de 1989, Shamir élabora avec le ministre de la Défense d’alors, Itzhak Rabin, une initiative de paix, qui appela aux élections dans les territoires, cependant l’opposition du Likoud l’amena à durcir sa position. Le gouvernement d’union nationale se dissout en 1990 à la suite de la participation des Travaillistes à la motion de censure, affaire qui fut dénommée "l’exercice puant". Après que Shimon Pérès eût échoué à constituer un gouvernement, Shamir mit en place un gouvernement restreint sous sa direction.

Lors de la guerre du Golfe, l’hiver 1991, Shamir mena une politique de retenue, malgré le souhait du ministre de la Défense d’alors, Moshe Arens, et obtint ainsi une grande estime des Etats-Unis. A la fin de la guerre du Golfe et sous une forte pression américaine, Shamir vint, en tant que Premier Ministre, à la Conférence de Madrid (octobre 1991). Au cours de la Conférence et durant les pourparlers qui furent menés ensuite, une politique de ralentissement des négociations fut esquissée, dans le but d’empêcher des concessions et de conserver les implantations israéliennes dans les territoires de Judée, Samarie et de Gaza. Cette politique, et en particulier le problème des implantations, conduit à une crise entre Shamir et l’administration américaine. Ce confit atteignit son apogée lorsque l’aide promise à Israël à la suite de la vague d’immigration de l’Union soviétique fut repoussée jusqu’à l’arrêt de la mise en place des implantations.
Malgré l’échec des pourparlers, les partis de droite, "HaThia", "Tzomet" et "Molédet", décidèrent de quitter le gouvernement. A la suite de cela, le gouvernement de Shamir tomba et les élections furent avancées.

Aux élections à la 13ème Knesset en 1992, Shamir perdit les élections face à Itzhak Rabin. Il annonça qu’il quittait le Likoud à cause de son opposition à la manière de diriger de Binyamin Netanyahu, et se joignit au parti "Hérut" sous la direction de Béni Begin.

Au cours des sept années de son mandat comme Premier ministre, Shamir manifesta retenue, sang froid et su veiller sur les intérêts de l’Etat d’Israël d’après sa vision. Il gagna ainsi l’estime d’un large public (principalement dans les années qui suivirent son départ). Depuis lors, il a été plus d’une fois critiqué, pour avoir, au cours de son mandat, agi uniquement en vue de maintenir la situation existante, au lieu de permettre des développements qui auraient pu amener à une solution des problèmes politiques et économiques à l’ordre du jour en Israël.


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