Yossef Trumpeldor (1880-1920), militaire, pionner et partisan sioniste, natif de Russie. Est tombé au combat de Tel Hai. Dans sa vie ainsi qu’après sa mort, il appartient à l’héritage mythique du combat sioniste en faveur de la colonisation en Israël.
Yossef Trumpeldor est né dans le nord des montagnes du Caucase à Fiatigorsk, d’un père, militaire dans l’armée russe. Il étudia au départ dans une école traditionnelle juive, puis continua dans une école élémentaire russe. Par suite d’une limitation du nombre des Juifs, il ne fut pas reçu à l’école secondaire, mais réussit cependant à être reçu et à achever des études de dentiste. En 1902, Il s’enrôla dans l’armée russe et devint le premier officier juif de cette armée. Durant la guerre de la Russie contre le Japon (1904), il se distingua au combat de Port Arthur, fut grièvement blessé et amputé de la main.
Dès qu’il fut rétabli, il revint sur le front et fut fait prisonnier au moment où Port Arthur passa aux mains des Japonais. Dans le camp de détention, il émit des réflexions sur la colonisation collective en Israël et les précisa dans des lettres qu’il écrivait à son père et son ami, Zvi Schatz. Il formula également un règlement détaillé pour les colons et eut même la possibilité d’organiser un groupe de prisonniers juifs destinés à concrétiser ses idées après sa libération, mais lorsque les prisonniers revinrent en Russie, le groupe se désagrégea. Après la guerre, on lui décerna des décorations.
Yossef Trumpeldor ne renonça pas à l’idée de la colonisation collective en Israël et organisa avec Zvi Schatz un nouveau groupe. En 1912, les membres du groupe immigrèrent en Israël et travaillèrent un certain temps dans la ferme de Migdal sur le bord du lac de Tibériade. Par la suite, quelques uns d’entre eux, parmi lesquels Trumpeldor, déménagèrent et s’agrégèrent au groupe de Degania. Lorsqu’éclata la Première guerre mondiale, le gouvernement ottoman expulsa d’Israël de nombreux sujets étrangers. Yossef Trumpeldor, qui était sujet russe, fut expulsé en Egypte, à Alexandrie, et commença d’agir avec Zeev Jabotinsky afin de créer un bataillon juif dans le cadre de l’armée britannique.
Lorsque fut fondé l’unité du "bataillon muletier", Yossef Trumpeldor fut nommé commandant adjoint et il partit avec ses hommes sur le front de Galipoli. Après le retrait de Galipoli, il partit à Londres et aida Zeev Jabotinsky à créer des bataillons hébreux parmi les réfugiés juifs qui, partis de Russie, arrivèrent en Angleterre.
En 1917, Trumpeldor revint en Russie et fut parmi les fondateurs du mouvement He-Halutz ("Le Pionnier"), mouvement qui aspirait à organiser les jeunes Juifs et à les rendre capables de coloniser Israël. Lors du premier Congrès du mouvement He-Halutz, Yossef Trumpeldor fut élu secrétaire général du mouvement. Il établit ensuite dans le sud de la Russie des centres de formation agricole où les candidats à l’immigration acquéraient un savoir-faire en agriculture et faisaient une expérience de vie en commun.
En octobre 1919, Yossef Trumpeldor revint en Israël. Lorsqu’il apprit que le mouvement travailliste en Israël était divisé en partis rivaux, Ahdut Ha-Avodah, et Ha-Po’el Ha-Tsa’ïr, il appela à une unification des partis, ou, au moins, à fonder un bloc central, où les deux partis fonctionneraient de concert à la solution des problèmes des ouvriers et à l’intégration d’une nouvelle immigration. A la suite de cet appel, fut créée la Confédération du travail (la Histadrout).
Vers la fin de l’année 1919, lorsque les combats qui opposaient les Français, qui contrôlaient alors cette zone, aux nationalistes arabes, mirent en danger la colonisation en Galilée, Yossef Trumpeldor partit avec une délégation du "Comité de la Haganah" organiser des actions de défense des colonies hébraïques de Galilée. Le 11 de Adar 1920, lors d’un affrontement avec une force arabe locale, Yossef Trumpeldor fut tué en même temps que sept de ses amis.
De son vivant et plus encore après sa mort, le personnage de Yossef Trumpeldor constitua un symbole du sacrifice jusqu’à la mort à l’idée sioniste. Avant sa mort, selon l’une des versions, il aurait dit : "Il est bien de mourir pour notre pays". Cette phrase qui s’accorde avec des expressions plus anciennes de Yossef Trumpeldor, est devenu inséparable du développement du mythe sioniste, et de nombreuses générations de combattants en ont été nourries. Cependant, il n’a jamais été prouvé avec certitude qu’il aurait vraiment prononcé ces paroles dans ses derniers moments et il existe sur ce sujet un certain nombre de témoignages contradictoires.
Environ six mois après sa mort, ses partisans créèrent "le bataillon Ha-Avodah et Ha-Haganah au nom de Yossef Trumpeldor". Tel Yossef, un kibbutz créé en 1921 dans la vallée de Yizréel par une des compagnies du "bataillon Ha-Avodah", est appelé de son nom. A Tel Hai, le lieu de sa mort, fut érigée la statue du "Lion rugissant", créée par le sculpteur Abraham Malinkov, à sa mémoire et à celle de ses amis. La ville de Kyriat Shemona, qui se trouve à proximité, est appelée du nom des huit combattants qui tombèrent à Tel Hai, dont six le 11 de Adar, parmi lesquels Yossef Trumpeldor.
Le personnage de Yossef Trumpeldor fut un symbole, non seulement pour les mouvements de jeunesse sionistes socialistes, mais également pour les mouvements de jeunesse de droite, révisionniste. Le Betar, (Brit Yossef Trumpeldor) est appelé de son nom.