- 2 novembre 11 - Israël relance la Colonisation
Proche-Orient Les premières sanctions tombent après l’adhésion de la Palestine à l’Unesco
« La victoire à l’Unesco est le début d’une route difficile, mais elle mènera à la liberté de notre terre et de notre peuple. » Lundi, Riyad al-Malki, le chef de la diplomatie palestinienne, avait au moins raison sur un point : la route choisie par l’Autorité palestinienne va être « difficile ».
En obtenant son adhésion à l’Unesco, le gouvernement de Mahmoud Abbas ne pouvait que s’attirer les foudres d’Israël. Ça n’a pas raté. Hier soir, Benyamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, a annoncé, en réaction, l’accélération du processus de colonisation juive en Cisjordanie. Selon ses services, cela concernera quelque 2 000 logements sur la rive occidentale du Jourdain ainsi qu’à Jérusalem-Est. Cela revient à accélérer « la destruction du processus de paix », a commenté, à Ramallah, la présidence palestinienne.
« Ils ne veulent ni la paix,
ni des négociations »
En sollicitant l’adhésion à l’Unesco et même à l’ONU, l’Autorité palestinienne voulait obtenir une reconnaissance officielle pour peser sur la scène internationale. Elle n’a finalement réussi qu’à froisser un peu plus Israël et son allié américain. « Cette démarche prouve qu’ils ne veulent ni la paix ni des négociations, mais entendent perpétuer le conflit », a critiqué sur la radio publique, Danny Ayalon, le vice-ministre des affaires étrangères israélien. Mais l’Autorité palestinienne espère toujours obtenir son adhésion à l’ONU. C’est très loin d’être acquis.
Source : 20 Minutes
- 2 novembre 11 - Israël sanctionne Abbas, mais ne peut s’en passer
DÉCRYPTAGE - La victoire diplomatique remportée par les Palestiniens reste plus symbolique qu’autre chose, mais les symboles pèsent lourd au Proche-Orient.
Le vote d’admission des Palestiniens à l’Unesco suscite la colère des Israéliens contre Mahmoud Abbas. Israël a décidé mardi soir en représailles la prochaine construction de nouveauxlogements à Jérusalem-Est et en Cisjordanie et de cesser le versement des taxes d’importation, une source importante de revenus pour l’Autorité palestinienne. L’État hébreu menace également de suspendre les permis de circulation des dignitaires palestiniens.
La victoire diplomatique remportée par les Palestiniens reste plus symbolique qu’autre chose, mais les symboles pèsent lourd au Proche-Orient. L’Unesco a beau n’être qu’un organisme à vocation culturelle, les Israéliens craignent que l’entrée des Palestiniens dans une agence des Nations unies ne préfigure leur admission dans des instances dotées de plus de capacités de nuisance, comme la Cour pénale internationale. Et surtout que ce vote ne représente une étape vers la demande de reconnaissance de la Palestine comme membre de l’ONU, déposée par Abbas le 23 septembre dernier, et qu’Israël voit comme une provocation insoutenable.
Mahmoud Abbas est depuis décrié par les Israéliens comme un dangereux aventurier, mettant en danger un processus de paix pourtant moribond. Avigdor Lieberman, le ministre des Affaires étrangères israélien, ne cesse depuis plusieurs semaines de réclamer sa démission. L’encombrant allié de Nétanyahou est coutumier des déclarations incendiaires. Aussi curieux que cela puisse paraître, ce chef de la diplomatie ne représente pas la position officielle israélienne. Mais il a aussi l’habitude de dire tout haut ce que beaucoup d’Israéliens pensent tout bas, et se positionne comme un rival potentiel de Nétanyahou en le doublant régulièrement sur sa droite.
Menace pour le statu quo
Aussi décrié soit-il, Abbas reste cependant un personnage dont les Israéliens auraient du mal à se passer. Depuis qu’il a succédé à Yasser Arafat, le président de l’Autorité palestinienne mène une politique de coopération avec Israël qui lui a valu d’être accusé de trahison par une partie de son opinion, notamment par ses rivaux islamistes du Hamas. Il a régulièrement dénoncé le recours à la violence, ses services de sécurité ont grandement contribué à la sécurité d’Israël en emprisonnant la plupart des activistes palestiniens, en particulier les membres des organisations islamistes. Mais, surtout, l’existence de l’Autorité palestinienne décharge Israël du fardeau de l’administration directe des Territoires occupés. Un retour à l’occupation des villes palestiniennes de Cisjordanie par l’armée israélienne, comme avant les accords d’Oslo de 1993, représenterait un fardeau politique et financier considérable pour Israël.
L’offensive diplomatique d’Abbas représente une menace pour le statu quo actuel, qui convient malgré tout globalement assez bien à une majorité d’Israéliens. Mais il n’est pas certain qu’Israël puisse se passer aussi facilement du dirigeant palestinien le plus accommodant qu’il ait connu.
Source : Le Figaro
- 1er novembre 11 - Palestine à l’Unesco : manne touristique mais source de conflits avec Israël
JERUSALEM - L’admission à l’Unesco va permettre aux Palestiniens de présenter la candidature de plusieurs sites prestigieux au patrimoine mondial de l’Humanité, source de manne touristique mais aussi de querelles potentiellement explosives avec Israël.
Elle représente une victoire diplomatique majeure pour les Palestiniens sur le chemin de leur demande d’adhésion d’un Etat souverain à l’ONU sur les lignes de juin 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale.
L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture a décidé lundi à Paris de l’admission de la Palestine comme membre à part entière par 107 voix pour, 52 abstentions et 14 voix contre.
"C’est vraiment un moment historique qui rend à la Palestine certains de ses droits. La Palestine est le berceau des religions et des civilisations", s’est félicité devant les Etats-membres de l’Unesco le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, Riyad al-Malki.
Interrogé par l’AFP à Ramallah (Cisjordanie), le ministre de la Culture Siham al-Barghouti a salué "un grand succès" qui va permettre aux Palestiniens de "protéger (leur) patrimoine et (leur) culture".
L’Autorité palestinienne a déjà officiellement présenté, dès février dernier, la candidature de Bethléem (Cisjordanie), lieu de naissance du Christ selon la tradition, au patrimoine mondial.
L’Unesco doit prendre sa décision en juillet 2012.
Haut lieu de pèlerinage, Bethléem est le premier site touristique des Territoires palestiniens. La cité a accueilli une foule record de pèlerins lors des dernières fêtes de Noël et reçu près de 1,5 million de visiteurs en 2010. L’objectif pour 2011 est de dépasser les deux millions de touristes, après des années 2000 difficiles en raison de la deuxième Intifada palestinienne.
Le dossier de nomination de Bethléem au patrimoine mondial a été soumis sous l’intitulé "Lieu de naissance de Jésus : l’Eglise de la Nativité et la Route des pèlerinages".
Datant de l’empereur romain Constantin, au IVe siècle, la basilique de la Nativité est l’une des églises les plus anciennes et sacrées de la chrétienté. En mauvais état, elle est considérée comme un site en danger.
Après Bethléem, l’Autorité palestinienne ambitionne d’inscrire 20 autres sites, dont Hébron, où se trouve le Caveau des Patriarches —la mosquée d’Ibrahim (nom musulman d’Abraham) pour l’islam— un site révéré à la fois par les juifs et les musulmans, et Jéricho, une des villes les plus anciennes de l’humanité.
A l’origine de vives tensions entre Israéliens et Palestiniens, le Caveau des Patriarches est divisé en deux parties, l’une pour les fidèles musulmans et l’autre pour les pèlerins juifs, depuis le massacre de 29 croyants palestiniens dans une salle de prière par un colon israélien le 25 février 1994.
L’Autorité palestinienne et Israël se disputent le patrimoine de la Terre sainte —devenu prisonnier du conflit israélo-palestinien— et la décision de l’Unesco risque d’aviver encore les contentieux dans ce berceau des trois monothéismes (judaïsme, christianisme et islam).
Exemple : il y a un an, les autorités israéliennes avaient décidé de suspendre leur coopération avec l’Unesco —avant de revenir sur leur décision— pour protester contre une décision de cette organisation de décrire le Tombeau de Rachel, lieu saint du judaïsme à Bethléem, comme étant également une mosquée.
La tombe où selon la tradition juive repose la matriarche biblique Rachel est considérée comme un lieu saint par les musulmans.
Pour compliquer les choses, elle constitue une enclave sous contrôle de l’armée israélienne dans la ville autonome palestinienne de Bethléem.
Parmi les sites d’intérêt, religieux, culturels ou naturels, recensés par le département palestinien des Antiquités, figurent le Garizim, mont sacré des Samaritains, les grottes de Qumran, où furent découverts les manuscrits de la mer Morte, la mer Morte elle-même et la vieille ville de Naplouse.
Source : 20 Minutes
- 1er novembre 11 - Rice raconte l’offre secrète d’Olmert pour un Etat palestinien
L’ancienne chef de la diplomatie américaine Condoleezza Rice assure dans ses mémoires que l’ex-Premier ministre israélien Ehud Olmert a fait en 2008 une proposition secrète incluant un Etat palestinien avec des lieux saints qui seraient sous tutelle internationale. Condoleezza Rice écrit que Ehud Olmert était prêt à offrir aux Palestiniens, dirigés par Mahmoud Abbas, quelque 94 % de la Cisjordanie avec des terres en échange des colonies israéliennes. Il y aurait eu deux capitales, une pour Israël dans Jérusalem ouest et une pour les Palestiniens dans Jérusalem est, avec un conseil commun dirigé par un maire israélien et un adjoint palestinien. Selon le récit de l’ancienne secrétaire d’Etat, M. Olmert aurait offert à 5.000 palestiniens de retourner sur des terres qui appartiennent dorénavant à Israël. Quant à la vieille ville de Jérusalem, elle aurait été administrée par un « comité de sages » de Jordanie, d’Arabie Saoudite, de l’Autorité palestinienne, des Etats-Unis et d’Israël. Mme Rice raconte dans son livre qu’elle a promis de présenter la proposition de M. Olmert à Mahmoud Abbas, le lendemain. Ce dernier a tout de suite commencé à négocier, écrit-elle en précisant qu’il ne voulait pas accepter le retour de seulement 5.000 sur les quatre millions de réfugiés palestiniens.
source : Le Soir
- 31 octobre 11 - Remise du prix de l’Amitié judéo-chrétienne de France au Pasteur Alain Massini
« Enfin un Pasteur ! » s’est réjoui Hubert Heilbronn, lorsqu’ il a remis au Pasteur Alain Massini le prix de l AJCF qu il a fondé voici 23 ans. Premier pasteur et deuxième protestant puisqu’il succède au Pr Fadiey Lovsky, dernier fondateur vivant de l’Amitié Judéo-chrétienne de France et lauréat du prix en 2000.
Le Temple du Saint Esprit, rue Roquépine à Paris a accueilli entre ses murs haussmanniens à la beauté sobre et protectrice la nombreuse assemblée venue le 24 octobre témoigner son amitié à Alain Massini, Pasteur de l’Eglise réformée de Clermont Auvergne.
Le Pasteur François Clavairoly qui officie à la paroisse du Saint Esprit a placé cette cérémonie « sous le regard bienveillant du même Dieu qui nous bénit ».
Il a rappelé le souvenir du Pasteur Boegner pour illustrer l’institution ecclésiale, de Paul Ricoeur, pour l’application de l’intelligence au texte même de la Bible et d’Alain Blancy, maître et ami du Pasteur Massini. Le parcours d’Alain Massini foule les pas d’Ulysse, roi d’Ithaque et homme du retour vers sa lignée, marqué par la nostalgie, douleur de la quête des origines, et d’Abraham l’homme de la promesse, celui qui ne rentre pas mais part sur le chemin inconnu de la rencontre où se joue l’inattendu de la grâce. « Cet inattendu est la rencontre entre juifs et chrétiens au point d’intensité que nous connaissons à ce moment même dans l’amitié » a déclaré le Pasteur du Temple du Saint Esprit. Le dialogue est un commencement de tous les jours que le Pasteur Massini contre toute attente « a vu de son vivant ».
Vu et écrit, car il a œuvré pour la parution en France du texte fondamental « Eglise et Israël », issu de la Concorde de Leuenberg dont le Pasteur Clavairoly est membre du conseil. On ne peut ici passer sous silence les items de cette déclaration qui pavent le chemin de la relation judéo-protestante : la reconnaissance de l’élection éternelle du peuple d’Israël, la mise en évidence des racines juives de la foi chrétienne, la compréhension du lien indissoluble entre Eglise et Israël, le renoncement à la mission des Juifs, la reconnaissance du rôle central de l’Etat d’Israël pour le judaïsme, la reconnaissance d’une co-responsabilité et d’une culpabilité des chrétiens dans la Shoah, l’incompatibilité avec la foi chrétienne de toute forme d’antisémitisme et de toute animosité contre les Juifs.
Le Pasteur Florence Taubmann, présidente de l’Amitié judéo-chrétienne de France a fait part en introduction de sa « joie grave » à l’annonce de la libération de Guilad Shalit. Grave au regard de ce que ce qu’il a enduré et au défi que constitue son retour à la vie normale. Elle a salué la force de ses premières paroles, lavées de toutes pulsions vengeresses et insensibles au syndrome de Stockholm.
Elle a introduit l’humble Pasteur Alain Massini, en le nommant « serviteur fidèle » à l’instar de Moïse, du roi David et de Siméon, rappelant que l’essentiel de son ministère a été dirigé vers le dialogue amical entre juifs et chrétiens et approfondi par la connaissance du judaïsme. Elle a souligné l’importance de la transmission dans l’engagement du Pasteur Massini, vaste champ où germeront tous les possibles semés, sans omettre de souligner son implication dans l’œcuménisme entre toutes les églises chrétiennes. Le Pasteur Florence Taubmann a eu l’occasion de connaître le Pasteur Massini dans le cadre des réunions entre le CRIF et la Fédération protestante de France puis au cours du voyage organisé par le CRIF et la FPF en 2006 sous l’impulsion de Dinah Azoulay en charge au CRIF des relations avec les protestants.
Mais au delà d’une simple introduction, elle dresse en miroir la figure biblique d’Aaron pour évoquer le Pasteur Massini et cite le psaume 133 « Qu’il est bon de demeurer ensemble entre amis, c’est comme l’huile qui descend sur la barbe d’Aaron ». Il est vrai qu’en dehors de sa fidélité, le Pasteur Massini partage avec Aaron la même barbe patriarcale… L’assemblée, a entonné dans la joie et en hébreu le chant du psalmiste.
Monseigneur Francis Deniau, Evêque de Nevers connait Alain Massini depuis une dizaine d’années alors qu’il présidait le comité épiscopal pour les relations avec le judaïsme auquel le Pasteur clermontois participait en tant qu’invité permanent. Amitié discrète fondée sur des soucis et des désirs partagés et une passion commune pour les relations entre juifs et chrétiens.
Il a rappelé à son tour l’importance de la contribution d’Alain Massini à la version française du texte Eglise et Israël, issu de la concorde de Leuenberg. L’originalité de cette concorde réside dans la recherche d’une dynamique commune tant théologique que pratique. La réflexion sur l’unité de l’Eglise impose de revenir à la première rupture entre l’église courant du judaïsme et l’ensemble du judaïsme.
« La relation de l’Eglise avec Israël fait partie intégrante du fondement de sa foi » affirme le document protestant adopté en 2001. On peut y voir une convergence avec la déclaration conciliaire de 1965, Nostra Aetate : « Scrutant le mystère de l’Eglise, le Concile rappelle le lien qui relie spirituellement le peuple du Nouveau testament avec la lignée d’Abraham ».
Loin de l’eschatologie, de la fin de l’histoire, chrétiens et juifs espèrent en les promesses divines.
L’amitié d’Alain Massini pour les Juifs précède le questionnement théologique. C’est elle qui l’y a éveillé.
Armand Abécassis, philosophe et écrivain, lauréat du prix de l’AJCF en 2009, témoigne de la proximité affective du Pasteur avec les Juifs. Sa foi, dit-il s’approfondit par la connaissance juive.
L’amitié et l’amour ne peuvent souffrir de s’endormir sous l’édredon du mensonge. Le temps de la critique vient au contraire les consolider.
Au cours d’une intervention le 25 juin 2011 dans la synagogue de Clermont lors d’un shabbat, le Pasteur Massini a commenté la paracha Korah. Korah révolté contre Moïse prétendait que tout le peuple était saint et que le temps de la loi était accompli. Puisque le peuple entier a entendu au pied du Sinaï Dieu lui parler comme à Moïse, pourquoi imposer la loi ? De même que Moïse a exclu Korah et son assemblée, les rabbins ont exclu violemment les chrétiens de la synagogue.
Alain Massini pense que la même déchirure s’est produite au 1er siècle de l’ère courante entre la synagogue et l’Eglise. Armand Abécassis citant l’Evangile « Je suis le chemin la vérité et la vie, nul ne vient au Père que par moi » pose aux chrétiens la question de savoir si les Juifs sont compris dans cette affirmation. Ou s’adresse t-elle seulement aux non juifs ? Réflexion névralgique des relations judéo-chrétiennes qui impose une conversion du regard pour ne pas voir en le Juif un autre soi même mais pour le comprendre comme il se comprend lui-même.
Ce qui rend unique la relation entre juifs et chrétiens est la prise de conscience par l’Eglise que le judaïsme est à l’intérieur d’elle-même, c’est le mystère auquel fait référence Nostra Aetate et qui réside en son sein. Le Juif soutient Armand Abécassis relève de l’actualité la plus fondamentale de l’identité définitive de l’Eglise. L’Eglise doit considérer le corps juif de Jésus et pas seulement son corps abstrait, hors de quoi elle manquerait le judaïsme de Jésus, historiquement et théologiquement. A ceux qui voudraient rendre le Juif acceptable et intégrable à la foi chrétienne, il répond : « Le Juif n’est pas un chrétien en puissance ».
Cette convergence du vues que le Pasteur Massini partage avec Armand Abécassis est aussi celle du Père Jean Dujardin, lauréat du Prix de l’AJCF en 1996. Au long de son implication dans le dialogue judéo-protestant, le Père Dujardin a perçu parfois chez Alain Massini la souffrance d’un homme dont le travail d’approfondissement embrassé ne rejoignait pas pleinement l’espérance qui était la sienne auprès de sa communauté, même si dit-il « les choses ont beaucoup changé ». Souffrance mais pas découragement.
Il témoigne que le Pasteur Massini n’a pas seulement eu un rôle de traducteur dans la production du document Eglise et Israël mais qu’il a aussi contribué à sa parution et rappelle l’avant-garde protestante qui avait sous l’impulsion du Pasteur Westphal aidé Jules Isaac à publier son magistral « Jésus et Israël » et formulait une demande de pardon aux Juifs après la Shoah, dès 1947 bien avant l’église catholique.
Le Pasteur Michel Leplay vice-président d’honneur de l’Amitié judéo-chrétienne s’adressant au Pasteur Massini déclare : « C’est parce que l’amitié n’a pas de prix que par pure grâce elle peut t’en donner un… Si la fraternité est fragile, en clair obscur, commandée par les devises, l’amitié, choisie et inventée est un précieux trésor pour la vie commune. L’Amitié judéo-chrétienne est un lieu unique de réconciliation dans la clarté des convictions. Le Pasteur Massini va son chemin de berger dans une prudence calculée, tel le pèlerin, un pied après l’autre, celui de l’appui originel et biblique et le pas en avant de la démarche et de l’espérance. Mes frères et sœurs juifs leurs prophètes et leur foi m’ont souvent permis de ne pas désespérer de l’humanité. Alain Massini sait conjuguer la libre critique des sources et l’annonce finale de la promesse, sans bavardage et sans emphase avec le recul de la sagesse biblique ». Et Sœur Anne Etienne d’ajouter à cette sage prudence l’humour et la détente que le Pasteur cévenol sait introduire dans les discussions rigoureuses.
C’est à sa mère, qui lui a légué l’héritage de la tradition huguenote et cévenole, son père qui fut déporté à Rawa Ruska et son maître le Pasteur Alain Blancy qu’Alain Massini a dédié son prix, après avoir témoigné sa reconnaissance à Hubert Heilbronn et salué l’apport du Pasteur Jean-Arnold de Clermont qui a mis en place une véritable commission de dialogue avec le judaïsme au sein de la FPF.
Citant Martin Buber « toute vie véritable est rencontre » il encourage au risque et à la grâce de la rencontre qui ne peut avoir lieu qui si on ose sortir de soi. Se déprendre de soi aurait dit Foucault.
Le document Eglise et Israël n’invente rien maintient Alain Massini mais dresse le bilan des réflexions du 20ème siècle et donne la position et la perception des églises issues de la Réforme Il y a une coexistence de l’Eglise et d’Israël, pas une union, l’identité de chacun étant irréductible. S’aventurer vers le cœur de l’identité de l’autre est un défi qu’il faut relever en dépit du poids de notre histoire commune. Comment arriver à un dialogue apaisé sans faire tabula rasa du passé ? Lecteur de la Guemarah, le Pasteur Massini sait que forcer la réconciliation avec celui qu’on a offensé peut provoquer sa mort.
Il ne cache pas son inquiétude de voir tant de chrétiens s’enthousiasmer de la découverte de la tradition juive, se l’approprier sans l’approfondir, s’y engouffrer sans discernement et succomber à nouveau à la tentation séculaire de la captation d’héritage.
Les mouvements messianiques contemporains l’inquiètent tout autant.
Il sait les effets dévastateurs du temps et l’immense effort à fournir pour établir un dialogue : la présence peut elle évacuer l’absence ? La garantie de la présence n’est-elle pas l’absence ? En replaçant l’homme devant Dieu, la Réforme a insisté sur l’altérité du transcendant.
Le Pasteur Massini a reçu de nombreux messages d’amitié notamment ceux de Mgr Maurice Gardes, archevêque d’Auch, président du conseil épiscopal pour l’unité des chrétiens et les relations avec le judaïsme, de Mgr Eric Moulin de Beaufort, du Pr Fadiey Lovsky, de Richard Prasquier, président du CRIF, de Maitre Théo Klein.
On comptait parmi les 300 personnes présentes Mgr Hypolite Simon archevêque de Clermont, Mgr Jérôme Beau, Evêque auxiliaire de Paris, de nombreux membres de la commission du CRIF des relations avec les Eglises présidée par Gérard Israël ; Dinah Azoulay , Mireille Hadas-Lebel, Serge Hoffman Bernard Kanovicth, Madeleine Cohen, Benjamin Honig et Nadia et Simon Grobman.
Léon Askénazi, Manitou soutenait que chrétiens et juifs ne s’étaient jamais rencontrés, partant jamais séparés… Mais ce soir là, entre les bras solides et chauds de la loyale amitié, nous n’avions plus enchâssée dans le cœur, « la déchirure de l’absence ».
Stéphanie Dassa
Membre du comité directeur de l’AJCF
1-« La déchirure de l’absence » Pr Fadiey Lovsky, editions Calman-Lévy, 1971.
Source : Le Crif
- 31 octobre 11 - La ministre française de l’Ecologie en Israël et dans les Territoires
La ministre française de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a commencé lundi une visite de deux jours en Israël et dans les Territoires centrée sur le problème stratégique de l’eau et le développement durable.
Lors de son séjour en Israël, Mme Kosciusko-Morizet s’entretiendra avec le président Shimon Pérès, le président de la Knesset Réuben Rivlin, le ministre des Infrastructures nationales Uzi Landau et son homologue Gilad Erdan.
La ministre de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement a noté que les points forts des entreprises françaises en Israël sont "l’eau, la gestion des déchets et les transports".
Lors d’un point presse à Jérusalem, elle a évoqué une "coopération concrète" dans les domaines du recyclage des déchets ménagers (Veolia) et des transports urbains (projet de bus à Haïfa, dans le nord d’Israël, avec la SNCF).
Dans les Territoires palestiniens, la ministre inaugurera mardi un projet d’alimentation en eau pour 25.000 habitants à Maythaloun, près de Jénine (nord de la Cisjordanie), en compagnie du Premier ministre de l’Autorité palestinienne Salam Fayyad.
Selon un rapport d’Amnesty International de 2009, l’inégalité entre Palestiniens et Israéliens en matière d’accès à l’eau est "frappante".
La consommation d’eau des Palestiniens atteint 70 litres par jour et par personne, soit une quantité inférieure aux 100 litres minimum recommandés par l’OMS (Organisation mondiale de la santé).
La consommation d’eau des Israéliens est quatre fois supérieure avec environ 300 litres par jour et par personne, précise Amnesty.
Source : 20 Minutes
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